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28 May 2022

1873

Travail passionnant pour mon prochain ouvrage, avec fouilles dans les archives des Frères Lumière, de la BNF, du gogole, bref, je découvre qu’en 1873 naissent Dara (la princesse en question) mais aussi Collette, Sainte Thérèse de Lisieux et Rachmaninov, qu’il y a krach en Allemagne et que deux millions d’allemands migrent pour survivre aux Etats Unis, que Tolstoï commence à nous écrire Anna Karenina, énorme crise charbonnière (sidérurgie, rails, transport ferré à vapeur, donc charbon, tout est lié) et que l’empire russe fait exactement comme la Russie de maintenant : envahit terres étrangères (turkmènes) et russifie : changement d’alphabet, de langue officielle et envoi des « pieds rouges » colonisateurs, qui ne vont jamais partir. Ce que les communistes ont inventé (voir aussi page 96 de mon récit témoignage Merci mon général !) c’est l’homogénéisation, déplacer les gens dans d’autres républiques de l’URSS, contre salaire et maison (la déportation existait pendant l’empire déjà), de telle sorte  que les racines culturelles soient occultés et une notion nouvelle apparait : minorité ethnique dans une grande citoyenneté russe. Au Kazakhstan j’ai rencontré des mélanges confus (beaux et créatifs) comme des tataro-ukrainiens, ou des allemands qui, après la chute de l’URSS ont pu retourner en Allemagne, mais ils ne parlaient plus l’allemand et buvaient que de la vodka.

https://marina-chiriac.iggybook.com/fr/merci-mon-general/#zone-buy

#histoire #homogénéisation #communisme #mercimongénéral #empirerusse #russie #urss #russification #livrestagram #bookstagram #témoignage #récit

25 May 2022

En gestation

Ca y est : les trois ouvrages sont en stock aujourd’hui (merci Iggybook !) et je peux me concentrer sur les salons, séances de dédicaces, mais surtout c’est le top départ pour mon projet créatif qui relie trois personnages sur deux cent ans, d’où mon A3 en couleurs avec les années et les événements jalon, que je vais travailler à la section recherche histoire à la BNF, qui sait je pourrais trouver des images style lanterne magique sur le harem du roi de Bangkok et des notes ou conférences qui vont avec. Pour mon grand père maternel, je ne peux pas compter sur Mémorial, ni sur ma famille russe à cerveaux lavées, essorées et délavées de mémoire, alors je compterai sur mon journal de jeunesse qui a accumulé les lourdes larmes de ma mère et sur mon invisible (qui m’appartient sans m’obéir). Sans oublier les inspirants Roerich (élève de Kouindji) et les gars qui travaillaient pour Albert Kahn, dont les cartes d’identité professionnelle sont exposées au musée ou je devrais déménager carrément, pour tout, tout étudier et m’inspirer.

22 May 2022

Pat, mon frère imaginaire

Une nuit chaotique, après un réveil du à un tremblement de terre, la prière avec la porte ouverte de l’appart « faites que je ne meurs pas, ça rajouterait encore de la peine à ma mère, elle n’en survivra pas », en chemisette et culotte visible mais je n’ai pas le temps me rhabiller, et les voisins ne semblent pas sortir encore dans le couloir, pour fuir. A la fin des secousses j’enfile mon jeans, et descends à pied, pour ne pas rester coincée dans l’ascenseur, en cas de réplique.

En bas de l’immeuble tous les voisins sont là, les uns en pyjama, un gars habillé en costume a une petite valise à la main. Je me dis de fumer pour me calmer, mais je tremble si fort que je n’arrive pas à synchroniser le feu et la cigarette, une fois, deux fois et zut, tant pis, je vais me calmer sans.

Comme je ne me vois pas du tout capable de revenir dans l’appart, avec tous les dommages, vases et miroirs cassés et la peur, je décide d’aller dormir ailleurs, ou pas dormir, mais pas rester seule, alors j’entame une discussion avec le voisin élégant, en lui demandant quelle est la direction de son voyage. Imperturbable il me répond qu’en voiture il fera trois heures jusqu’à la montagne, ou il pourra enfin se reposer. Il m’amène centre ville et poursuit son chemin. Comme il me racontera ensuite, à la sortie de la ville il a arrêté la voiture et dormi jusqu’au matin. C’est fou comme cette peur de mort, passagère, nous fait vaciller à ce point.

Partout ou je suis allée cette nuit, les gens n’avaient pas été effrayés par le tremblement de terre, car habitants au RDC (complètement autre sensation que moi au dixième étage), alors j’ai fini sur le canapé d’une amie, avec un verre de vin rouge et le premier disque (solo) de Pat Metheny, onirique, créatif, en boucle jusqu’à la levée du soleil.

Depuis cette nuit, Pat est mon frère imaginaire. On a grandi ensemble, on a vécu nos vies en parallèle, et nos retrouvailles, avec moi dans la salle et lui sur scène sont toujours des moments importants et fondateurs de vie, tout comme hier à l’Olympia, marathon de deux heures et demi sans entracte (encore un nouveau concept bizarre, bizarre), des sons, je pensais que me faire cadeau de beaux sons a plus de valeur qu’un gâteau d’anniversaire, alors hier il y avait aussi des sons mystérieux que je n’ai pas encore élucidé la source et autour de moi, des grands fans, habillés du teeshirt noir avec les dates de la tournée et qui, au troisième son du morceau, exprimaient leur extase de connaisseurs, aaaah, les mains en l’air. 

Photo de l'Instagram de Pat Metheny

16 May 2022

Hybride

Au meetup écriture de samedi on a rencontré une éditrice indépendante et passionnée (Lunatique) qui reçoit 10 manuscrits par jour et publie 12 à 14 livres par an et en nous racontant sa tournée dans des librairies pour présenter ses ouvrages, j’ai noté le conseil d’amener des livres avec moi le lendemain, à la visite de la première librairie hybride, atypique et innovante, alors j’ai pris CV d’écrivaine, cartes de visite, mes trois livres, et pour ne pas culpabiliser d’avoir annulé la randonnée meetup je suis allée à pied, marche rapide, un dimanche d’été, en traversant des souvenirs oubliés, des marchés à chaque coin de rue, des hommages à l’Ukraine, un papa frère musulman qui fait du vélo avec ses filles radieuses, des familles joliment habillés qui vont à la messe, et je découvre que l’Art bouquine se trouve sur la rue ou je mangeais des crêpes à midi avec mes collègues, à mon premier emploi d’ingénieur en France, wow je revois ma vie défiler du point A au point Z et je comprends d’un coup le message de mon rêve farfelu, en fait j’ai vécu plusieurs vies, une après l’autre, mais en parallèle aussi, bref, j’arrive à la librairie qui est un mélange d’art, vieux et nouveaux livres, endroit de discussion, une artiste qui travaille dans le jardin, un homme mysterieux qui lit le Journal de dimanche sur un banc au soleil, un chien qui vient me dire bonjour mais moi je ne parle pas le chien, et quand la patronne, qui est aussi éditrice, touche mes trois livres je vois des étincelles dans ses yeux, oui un CV est boring, classique, typique, et je me réjouis encore que je suis une autoéditée et que j’ai choisi moi-même les couvertures, qui ont toutes une signification intime, une histoire à raconter, une vraie raison pour ouvrir le livre.

PS En image une photo sur les murs de la librairie atypique et un clin d'oeil au magnifique film de Marie Amiguet "La panthère des neiges"

 

12 May 2022

Mon Ennemi imaginaire

Il a tout pour cela, par son attitude envers les gens, par ses habitudes, dès qu’il ouvre sa bouche, de dire des trucs déplaisants, et tout le monde est servi, même ses amis. Quand il nous a raconté pourquoi et comment il a laissé tomber sa dernière amoureuse, pendant le premier confinement, ca m’a confirmé qu’il faut garder une bonne distance avec le bonhomme.

Mais vient un moment quand je me sens agressée par ses regards sur mon corps et ses propos tout sauf maladroits (mes vieilles blessures probablement qui envoient des foudres colorées) et le champion gagne des gallons dans mes yeux, il est promu au rang d’Ennemi imaginaire (il parait que pour son estime de soi c’est bien d’avoir des ennemis), alors je fais comme à mon habitude, je tourne les talons, renonce à la randonnée Meetup et fais mes km toute seule avec Brassens dans mes oreilles qui chante Le temps ne fait rien à l’affaire, ce qui vaut mon plus grand sourire vers l’inconnu qui randonne seul aussi, qui hésite un peu à m’adresser la parole, mais poursuit son chemin, et il a raison, un seul par jour suffit…

Photo prise par mon ami Roger Meetup

https://www.instagram.com/marina_chiriac_auteure/

10 May 2022

La Peur et l’Angoisse

Il me fallait prendre un bus pour aller chez moi, mais j’ai découvert avec angoisse que je n’avais pas de masque sur moi, alors j’ai commis un acte de bravoure et de désobéissance, j’étais presque une blackblock anarchiste ou celle peinte par Delacroix déshabillée et habillée ensuite par le street-artiste (celui qui se fait payer en bitcoins) avec un gilet jaune, la Liberté avec courage, quitte à «mourir pour ses idées» ou payer une amende, bref, je monte dans le bus sans masque et me cache tout au fond, quand tout d’un coup je remarque deux policiers qui montent aussi dans le bus, s’assoient en face de moi, et me regardent, me regardent, moi la biche je vois des lyons qui me dévisagent (pas bouger) et ensuite tournent la tête, rassasiés, ouf, six stations tendues, pas d’amende, pas en prison et en vie, mais quelle frayeur et quel exploit !

 

07 May 2022

La Joie

Ciel gris, mince, en espérant qu’il ne va pas pleuvoir au jardin Albert Kahn, pour les photos mais aussi pour le plaisir de faire le tour complet, je me dis, mais avant de partir de la maison je fais quand même une demande à mes Guides (le truand et la sorcière sans âge) de venir avec moi pour la journée, c’est une invitation de bouger, allez un peu de sport ça peut faire que du bien, et en plus le musée vient enfin d’ouvrir, et qui sait me donnera de nouvelles inspirations, pour mon projet d’écriture qui liera des personnages improbables, dans un harem en Asie fin 19ème, dans un goulag de Sibérie en 1933 et ici, maintenant, à la recherche de la joie sous un ciel gris…

Wow, le musée est un endroit ou j’aimerais vivre en fait, me plonger dans toutes les photos, lire toutes les notices de voyage et coutumes, comme le journal du chauffeur ébahi ou la lettre qu’Albert Kahn a reçu de Mongolie (envoyée en juillet 1912 et reçue six mois plus tard ?), bref, au moment ou je sors dans le jardin le soleil envahit l’espace (merci, merci !) la joie est là, elle sautille de pierre en pierre, magnifique diversité des espèces, lumières et couleurs, cette fois je ne rencontre plus le jardinier en chef, mais un jeune de son équipe qui me confirme l’honneur de travailler ici, mais aussi le volume de travail : on est que 8 (ou 7, avec le congé maladie) et on est débordés, je n’ai même pas eu le temps de visiter le musée, me dit ‘il.

Il me reste encore un billet d’entrée gratuit, je reviendrai et me cacherai quelque part, pour y rester la nuit et tout étudier…

Le soir je vais avec le jeune atypik qui aime le jazz, et à nouveau me frappe (je devrais arrêter ce terme qui donne des bleus) la manière d’entrer dans le vif du sujet, pas de small talk, ni de tête sans corps, tout est essentiel et connecté. Je commande un Margarita, la fille en face de nous fait des photos à la con pour son instagram, avec Jowee Omicil et son verre de cocktail, pfff et pfff je me moque avec mon voisin et c’est parti pour 90 minutes de sons, rythmes, bonheur, joie et quand l’artiste nous dit avoir invoqué ses ancêtres ce soir «oui, c’est chelou, mais on s’en fout !» je me dis que cette Joie nous connecte avec l’inconscient collectif ou les Gars dansent et seuls les enfants et les oiseaux peuvent les voir.

 

05 May 2022

Coups de colères et tonnerres

Contre, en vrac : les hommages à Marx et Lénine et l’impossible Nuremberg du communisme ; le tactile du groupe de randonnée meetup que je vais taper la prochaine fois ; les voisins qui ne saluent pas et regardent leurs chaussures ; le non-respect ; la non-élégance relationnelle ; l’inculture ; le roi qui a changé les formalités pour entrer dans le pays de Dara, la princesse ; le prof de math qui au lycée, devant toute la classe m’a dit : je ne sais pas ce que vous cherchez dans cette classe spéciale de math ; l’obsolescence programmée ; les anglicismes ; les politiciens qui tous fermement les yeux sur l’EPR de Flamanville ; la langue de bois ; le lavage de cerveau par l’église russe et le propagande ; les trottinettes électriques ; mon prénom avec la lourde tache de la sainte Marina orthodoxe de chasser le Satan ; l’art qui fait peur ; l’extrémisme. Voilà.

02 May 2022

Cinq années avec Meetup

Paris Nord Sud hier, ma balade préférée meetup à Paris, à vive allure. Beau soleil, avant de partir je trouve à la brocante la bague au labradorite de mes rêves, à prix raisonnable, la journée commence bien. Je fourre ma veste dans mon sac à dos sur la tombe d’Arthur Honegger (compositeur suisse qui est né et decédé en France), oui on commence au cimetière, là ou Michou s’y repose aussi, et c’est parti pour 15 km ! Vers la fin, dans un parc je remarque une mini fillette qui imperturbable chante à son micro improvisé d’une corde à sauter, pendant que notre troupeau passe rapidement, motivé d’une carotte invisible. C’est quoi la carotte ? Chacun a ses motivations : sortir de la solitude, retrouver la forme d’avant covid, arrêter de ruminer, oublier la guerre en Europe, perdre des kilos, trouver l’amour, se remettre après une rupture amoureuse. Je remarque des gars qui viennent toujours accompagnés par des femmes différentes, probablement rencontrés sur d’autres applications, et mon voisin et ami (qui n’a pas son chapeau, mais une casquette cette fois) me dit : oooh, moi si je viendrais avec une fille ici, c’est important, c’est comme si je la présentais à ma famille !

https://marina-chiriac.iggybook.com/fr/

28 Apr 2022

Librairies atypiques, hybrides et innovantes francophones

Connaissez-vous des librairies atypiques, hybrides et innovantes dans les pays francophones ? N’hésitez pas de me contacter. J’envisage y déposer mes livres (autoédition, des contes pour les enfants et deux récits témoignage) et organiser des séances de dédicaces.

https://marina-chiriac.iggybook.com/fr/

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